Depuis 1982, la Société historique de Québec publie son calendrier Vues anciennes de Québec qui présente l’histoire de la ville de Québec au quotidien. Les éphémérides et les textes qu’on y trouve rappellent les événements historiques qui ont jalonné notre histoire locale, régionale, nationale et, dans certains cas, internationale. Chaque calendrier comprend plusieurs éphémérides, ainsi qu'une quinzaine d'illustrations documentées. Au fil des ans, cette collection est devenue une précieuse source de renseignements sur l'histoire de la ville de Québec et de sa région.
Janvier 2026

Glissade en toboggan à la Citadelle
On trouve des témoignages de glissade sur neige à Québec en Nouvelle-France, mais c’est au XIX e siècle que ce loisir devient vraiment populaire. On s’éloigne de plus en plus des usages utilitaires du toboggan, qui permettait jadis de faire glisser des marchandises sur la neige, pour profiter de ces grandes traînes pour dévaler les pentes de Québec. Comme pour la majorité des sports d’hiver, l’augmentation du temps de loisir d’une partie de la population à partir du milieu du XIX e siècle contribue à cet essor.
Bien que les côtes et les rues de Québec soient invitantes, les autorités coloniales puis municipales interdisent, au moins depuis 1748, la glissade dans les rues, sous peine d’amende ou d’emprisonnement. Ces règlements, qui sont mis à jour à plusieurs reprises, expliquent en partie la popularité du glacis des plaines d’Abraham. Cette pente a l’avantage de la proximité de la ville par rapport à l’autre lieu de prédilection des amateurs de glissade qu’est le « pain de sucre » de la chute Montmorency. Chaque année, on attend que la neige soit suffisante sur le glacis pour s’y aventurer et glisser pendant de longues heures lors des belles journées d’hiver.
Sur la toile, on remarque aussi deux personnes qui sont tombées de leur toboggan et qui roulent dans la neige. Cette proximité entre les jeunes gens pendant la pratique de la glissade n’était pas sans déranger certains membres du clergé, qui craignaient ces contacts physiques. Bien que ces petites roulades paraissent inoffensives, il ne fallait pas non plus sous-estimer le dénivelé de la pente et la possibilité bien réelle d’accidents et de blessures qui pouvaient survenir en glissant.
Depuis 2001, à la suite de quelques accidents derrière le Musée national des beaux-arts, qui n’ont heureusement pas eu de graves conséquences, la glissade n’est plus autorisée sur l’ensemble du territoire des plaines d’Abraham. Désormais, pour profiter de la glissade, la Commission des champs de bataille nationaux aménage des pistes balisées derrière le Musée des plaines d’Abraham, sur les mêmes côtes du glacis qui faisaient le bonheur de la population depuis le XIX e siècle. (Luc Nicole-Labrie)
Iconographie : Glissade en toboggan à la Citadelle, Cornelius Krieghoff, 1856, Bibliothèque et Archives Canada, 2896427.




