Depuis 1982, la Société historique de Québec publie son calendrier Vues anciennes de Québec qui présente l’histoire de la ville de Québec au quotidien. Les éphémérides et les textes qu’on y trouve rappellent les événements historiques qui ont jalonné notre histoire locale, régionale, nationale et, dans certains cas, internationale. Chaque calendrier comprend plusieurs éphémérides, ainsi qu'une quinzaine d'illustrations documentées. Au fil des ans, cette collection est devenue une précieuse source de renseignements sur l'histoire de la ville de Québec et de sa région.
Avril 2026

Rouleau à asphalte, 1923
Au début des années 1930, la Ville de Québec connaît une grave crise économique qui met au chômage des milliers d’hommes et de femmes, qui se retrouvent sans revenu. La Ville de Québec doit alors lancer des travaux de chômage, tels le réservoir des plaines d’Abraham, la construction du palais Montcalm et les travaux d’asphaltage des rues, afin de permettre à la population de se nourrir. Durant les années 1930, la Ville consacre plus de sept millions de dollars aux travaux de chômage, procurant du travail à plus de 3000 pères de famille. À la même époque affluent dans les rues de la ville les premières pelles mécaniques, les tracteurs et rouleaux compresseurs qui viennent bouleverser les manières de travailler des manœuvres et des ouvriers, habitués au pic et à la pelle dans les rues de la ville.
La motorisation des travaux publics provoque une réaction très négative des ouvriers, qui craignent d’importantes pertes d’emplois sur les chantiers des travaux de chômage. Un mouvement de protestation, mené par le conseiller municipal Pierre Bertrand, s’oppose à l’achat de ces nouvelles machines. Les ouvriers vont jusqu’à faire la grève ou saboter les pelles mécaniques et les tracteurs sur plusieurs chantiers. Ils viennent même manifester devant l’hôtel de ville pour sauver les emplois sur les chantiers. La fierté et la virilité des ouvriers de cette époque reposent sur la valorisation du travail manuel et sur leur capacité de travailler de longues heures au pic et à la pelle dans des travaux épuisants, tel le chantier du réservoir des plaines d’Abraham, ou dans les rues de la ville.
Dans une société peu scolarisée, où la majorité de la population n’a pas terminé son cours primaire, il faut gagner sa vie à la sueur de son front dans les manufactures et, en période de crise économique, dans les travaux de chômage. Le déclenchement, en 1939, de la Seconde Guerre mondiale va permettre à des milliers de travailleurs de Québec de retrouver du travail dans les usines de munitions de l’Arsenal de Saint-Sauveur et de Valcartier et d’améliorer significativement leur qualité de vie. (Réjean Lemoine)
Photographie : Rouleau à asphalte, 1923, Archives de la Ville de Québec, CI-N0000-N000034




