Juillet 2026

Tournoi de quilles, 1942

La Dominion Corset occupe une place toute particulière dans l’histoire de la ville de Québec. Fondée par Georges-Élie Amyot en 1871, l’entreprise connaît un énorme succès au cours des décennies suivantes. Vers 1930, ses produits de lingerie féminine sont vendus partout au Canada, mais aussi aux États-Unis, en France, en Angleterre et jusqu’en Australie. À l’époque, peu d’entreprises canadiennes-françaises peuvent se vanter d’un tel succès, surtout parmi celles qui se trouvent dans la capitale.

L’entreprise a également ceci de particulier : sa main-d’œuvre est très majoritairement féminine, comme on peut le remarquer sur cette photo. Il s’agit bien souvent de jeunes femmes, car, jusqu’à la fin des années 1950, le mariage marque la fin de l’employabilité pour elles.

Parmi les nombreuses activités sociales organisées pour le personnel, il y a une ligue de quilles, dont la fondation remonte à 1919. Lorsque cette photo est prise en 1942, la ligue compte quatre équipes qui portent le nom de produits bien connus de la Dominion Corset : D&A, Nu Back, Skintex et Gothic. Les équipes comptent en général cinq personnes et les parties se déroulent sur les allées de quilles de la salle paroissiale de Saint-François-d’Assise, dans Limoilou. Le jeu a déjà de nombreux adeptes, mais il s’apprête à connaître un véritable âge d’or, au point de devenir un symbole de la culture populaire nord-américaine des années 1950.

Enfin, la Dominion Corset a aussi marqué la ville de Québec par son patrimoine bâti. Sa construction remonte à 1871, mais l’immeuble a pris son apparence actuelle lors d’importants travaux réalisés après un incendie en 1911. Son architecture est immédiatement reconnaissable par son esthétique, qui rappelle celle d’une forteresse du Moyen Âge. Sa tour centrale, haute de 15 mètres, permet de dissimuler astucieusement le château d’eau. (Pierre-Olivier, Maheux, historien)

Photographie : Archives de la Ville de Québec, P051-8-N0267-N026797


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