
École Ski Hawk du Château Frontenac, vers 1940
Québec, ville nordique, est toujours prête à s’amuser pour passer à travers ses longs hivers. De la veillée hivernale à la température variable de l’Habitation de Champlain à l’ouverture de centres de glisse dans la région en 1937, les habitants de la ville ont su apprivoiser les froids saisonniers.
On rapporte, dans les journaux de 1879, qu’un Norvégien dénommé A. Birch a fait la distance de Montréal à Québec avec comme moyen de locomotion des skis, une nouveauté introduite au pays avec l’émigration scandinave. Le ski attelé, ou joëring, est une activité sportive ancestrale scandinave qui remonte à 2500 ans avant Jésus-Christ. Certains mettent à profit ce moyen de traction pour déjouer les rues enneigées de la capitale. Ils s’attellent à une auto ou une moto et même à des chevaux ou encore à des chiens.
Ce moyen de transport pour certains devient loisir pour plusieurs. Au début du XX e siècle, le ski urbain à la cote. Les gens mélangent le ski de fond et le ski alpin. Ils prennent d’assaut les plaines d’Abraham et ses reliefs, tout comme les talus inclinés des glacis le long des fortifications.
Comme tous n’ont pas l’équipement adéquat, un service de location de skis s’installe au Château Frontenac. Le cœur de la vieille ville devient le lieu incontournable pour les sports d’hiver. De 1940 à 1960, dans le secteur de la terrasse Dufferin et du glacis de la citadelle, nous retrouvons bien évidemment du ski, mais également patinoire, piste de curling, glissade, chiens de traîneau et même des visites guidées en calèche à patins.
Pour favoriser la glisse, le Château Frontenac accueille une école de ski à Lac-Beauport en 1939. L’école Ski-Hawk, dirigée par celui qu’on appelle « le maestro », Fritz Loosli, va enseigner pendant plus de 25 ans à des centaines de skieurs une nouvelle méthode révolutionnaire : le ski parallèle.
Comme le disait le réalisateur de films Warren Miller, pour déjouer la lourdeur hivernale, « une paire de skis est le moyen de transport ultime vers la liberté ». (Simon Careau)
Photographie : École Ski Hawk du Château Frontenac, Nicholas Morant, vers 1940, CHF/Exporail, Fonds Canadian Pacific Railway Company.

